top of page

Et si certaines choses ne fonctionnaient pas… et que ce n’était pas grave ?

il y a 1 jour
15 min de lecture

Apprendre à accepter ce qui ne fonctionne pas,

sans renoncer à ce qui compte pour nous.


Il y a des moments dans la vie où l’on fait tout ce que l’on peut. On essaie, on recommence, on cherche une autre manière de faire. On se renseigne, on réfléchit, on demande conseil. On se donne du mal, parfois beaucoup plus que ce que les autres imaginent. Et malgré tout, quelque chose ne fonctionne pas.

Une relation qui ne s’apaise pas. Un projet qui n’aboutit pas. Une méthode qui ne nous convient pas, alors qu’elle semble faire des merveilles chez les autres. Une situation que l’on essaie de comprendre depuis des mois, sans parvenir à trouver de réponse satisfaisante. Ou simplement une journée où rien ne se passe comme prévu, où l’on se sent fatiguée, moins disponible, moins patiente, moins capable de faire face.

Dans ces moments-là, nous avons souvent un premier réflexe : chercher ce que nous pourrions faire de plus.

Peut-être que nous n’avons pas suffisamment essayé. Peut-être que nous n’avons pas trouvé la bonne méthode. Peut-être que nous manquons de volonté, de patience ou de discipline. Peut-être même que le problème vient de nous.

Alors nous recommençons. Nous cherchons. Nous analysons. Nous nous remettons en question. Et, sans toujours nous en rendre compte, nous finissons parfois par consacrer une énergie considérable à essayer de faire fonctionner quelque chose qui, pour le moment, ne fonctionne pas.

C’est humain. Nous aimons comprendre, maîtriser, anticiper. Nous avons besoin de sentir que nos actions ont un effet, que nos efforts servent à quelque chose, que nous pouvons agir sur ce qui nous arrive.

Mais il existe une question que nous oublions parfois de nous poser : et si, pour une fois, nous pouvions accepter que cela ne fonctionne pas, sans en faire un échec personnel ?

Non pas parce que nous devrions abandonner au premier obstacle. Non pas parce que tout serait écrit d’avance. Mais parce qu’il existe une différence importante entre persévérer dans une direction qui nous correspond et nous épuiser à vouloir obtenir un résultat qui ne dépend pas entièrement de nous.

C’est une nuance que la sophrologie nous invite, entre autres, à explorer.


Nous avons appris à faire fonctionner les choses

Dès l’enfance, nous apprenons qu’il faut essayer, travailler, persévérer. Et c’est précieux. Ces apprentissages nous permettent de développer nos compétences, de dépasser certaines difficultés et de construire notre autonomie.

Mais nous pouvons aussi finir par associer notre valeur personnelle à notre capacité à réussir.

Lorsque quelque chose fonctionne, nous avons le sentiment d’avoir bien fait. Lorsque cela échoue, nous cherchons naturellement ce que nous aurions pu faire autrement. Cette réflexion peut être utile, à condition qu’elle nous aide à apprendre et à avancer.

Elle devient plus douloureuse lorsqu’elle se transforme en jugement permanent.

Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi les autres semblent-ils y parvenir plus facilement ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à passer à autre chose alors que je sais très bien ce que je devrais faire ?

Ces questions peuvent tourner en boucle. Et plus nous cherchons une réponse immédiate, plus nous risquons de nous enfermer dans notre propre réflexion.

Prenons l’exemple d'une personne qui souhaite retrouver un sommeil plus serein. Elle découvre des conseils, essaie de se coucher plus tôt, met en place une routine, pratique la respiration et écoute des relaxations. Pourtant, certaines nuits restent difficiles.

Si elle commence à se dire qu'elle ne sait même pas se détendre correctement, qu'elle devrait faire davantage d'efforts ou qu'elle échoue encore à prendre soin d'elle, la difficulté initiale se double d'une pression supplémentaire.

Elle ne souffre plus seulement de ses nuits agitées. Elle souffre aussi de ne pas parvenir à les contrôler.

Or, le sommeil ne se commande pas comme on allume une lampe. La détente non plus. Nous pouvons créer des conditions favorables, mais nous ne pouvons pas toujours imposer à notre corps ou à notre esprit le résultat que nous souhaitons.

Parfois, accepter que la nuit soit difficile, sans se reprocher de ne pas dormir, permet au moins de retirer une partie de cette pression.

Cela ne garantit pas que le sommeil reviendra immédiatement. Mais cela change la manière dont nous traversons ce moment.

Et cette différence mérite d'être considérée.


Accepter ne veut pas dire renoncer

C'est probablement l'une des confusions les plus fréquentes lorsque l'on parle d'acceptation.

Nous imaginons parfois qu'accepter une situation signifie baisser les bras, approuver ce qui nous arrive ou décider que rien ne changera jamais.

Pourtant, accepter et renoncer ne sont pas synonymes.

Accepter, c'est reconnaître ce qui est là, aujourd'hui, avant de décider de ce que nous pouvons en faire.

C'est pouvoir regarder une situation avec un peu plus de lucidité, sans être obligée de la transformer immédiatement.

Si je suis fatiguée, je peux reconnaître ma fatigue sans considérer qu'elle est une faiblesse.

Si une relation me fait souffrir, je peux reconnaître cette souffrance sans devoir décider dans l'instant de ce que je vais faire de cette relation.

Si un projet n'aboutit pas, je peux être déçue sans conclure que je suis incapable de réussir.

Et si une méthode ne me convient pas, je peux décider d'en essayer une autre sans me reprocher de ne pas avoir obtenu les mêmes résultats que quelqu'un d'autre.

L'acceptation ne nous oblige pas à aimer la situation. Elle ne nous demande pas de trouver du positif dans chaque difficulté. Elle ne nous impose pas de sourire quand nous avons envie de pleurer.

Elle nous permet simplement de cesser, pour un instant, de lutter contre le fait que cette situation existe.

Il y a quelque chose de profondément apaisant dans cette distinction. Nous n'avons pas besoin d'approuver ce qui nous fait souffrir pour reconnaître que nous le vivons.

Nous pouvons être en désaccord avec une situation, souhaiter qu'elle évolue et, malgré tout, reconnaître qu'elle est notre réalité du moment.

C'est souvent à partir de cette reconnaissance que nous retrouvons un peu de liberté.


Quand nos efforts deviennent une source d'épuisement

Il existe des situations dans lesquelles nos efforts nous font avancer. Et puis il y a celles dans lesquelles ils finissent par nous épuiser.

La différence n'est pas toujours facile à repérer, surtout lorsque nous sommes profondément investies dans ce que nous essayons de construire.

Imaginons une personne qui souhaite apaiser une relation avec un proche. Elle réfléchit à ses paroles, choisit soigneusement ses mots, essaie de comprendre le point de vue de l'autre, fait des concessions, revient sur certaines discussions pour tenter de mieux les mener.

Elle agit avec sincérité. Elle souhaite que la relation s'améliore.

Mais si l'autre personne ne souhaite pas dialoguer, ne reconnaît pas sa part de responsabilité ou ne veut tout simplement pas faire évoluer la situation, tous les efforts du monde ne suffiront pas nécessairement à transformer la relation.

Cela ne signifie pas que les efforts de cette personne n'ont aucune valeur. Cela signifie qu'elle ne peut pas porter seule la responsabilité d'un changement qui implique deux personnes.

Elle peut continuer à communiquer, exprimer ses besoins, poser des limites ou proposer un dialogue. Mais elle peut aussi reconnaître ce qui ne dépend pas d'elle.

Cette reconnaissance peut être douloureuse. Elle oblige parfois à faire le deuil d'une attente, d'une image de la relation ou de la manière dont nous aurions aimé que les choses se passent.

Et pourtant, elle peut aussi permettre de récupérer une énergie considérable.

L'énergie qui était consacrée à essayer de convaincre l'autre peut progressivement être réinvestie dans ce qui nous aide à nous sentir plus en sécurité, plus respectées et plus en accord avec nos besoins.

C'est là que l'acceptation devient bénéfique : non pas lorsqu'elle nous apprend à tout supporter, mais lorsqu'elle nous aide à distinguer ce sur quoi nous pouvons agir de ce qui ne nous appartient pas entièrement.

Cette distinction est essentielle. Accepter une situation ne signifie jamais que nous devons rester dans une relation dangereuse, tolérer la violence ou renoncer à demander de l'aide. Dans certaines situations, le changement nécessaire consiste justement à se protéger et à chercher du soutien.


Pourquoi certaines méthodes ne fonctionnent-elles pas pour nous ?

Nous vivons à une époque où les conseils ne manquent pas.

Il existe des méthodes pour mieux dormir, mieux manger, mieux s'organiser, mieux gérer ses émotions, mieux communiquer, mieux travailler, mieux vivre.

Certaines sont utiles. D'autres le sont moins. Et beaucoup peuvent être intéressantes dans certaines circonstances, sans être adaptées à tout le monde.

Pourtant, lorsque nous entendons qu'une méthode a changé la vie de quelqu'un, nous pouvons être tentées de croire qu'elle devrait nécessairement fonctionner pour nous aussi.

Prenons la méditation. Certaines personnes trouvent dans le silence un espace de repos et de clarté. D'autres se sentent inconfortables lorsqu'elles restent immobiles, parce que leurs pensées deviennent plus présentes ou parce que le silence leur laisse trop de place pour ressentir ce qu'elles essaient habituellement de mettre à distance.

Cela ne signifie pas que ces personnes sont incapables de méditer. Cela ne signifie pas non plus que la méditation est mauvaise.

Cela signifie simplement que l'expérience est différente.

Pour certaines personnes, commencer par marcher tranquillement, écouter les sons environnants ou porter attention à leurs sensations pendant une activité quotidienne sera plus accessible que de s'asseoir en silence.

Le même principe s'applique à la sophrologie.

Une visualisation peut être agréable pour une personne et difficile pour une autre. Certaines personnes se représentent facilement un paysage, une couleur ou une scène. D'autres ne voient aucune image mentale, ou trouvent cet exercice peu naturel.

La sophrologie ne nécessite pas de savoir visualiser des images précises pour être pratiquée. L'attention peut aussi se porter sur les sensations corporelles, la respiration, les mouvements ou les perceptions présentes.

De la même manière, une respiration lente peut être confortable pour une personne et générer de l'inconfort chez une autre. Il est alors préférable d'adapter la pratique, de garder une respiration naturelle ou de choisir un autre point d'attention.

Une méthode n'est pas un examen que nous devons réussir. C'est un outil que nous pouvons essayer, adapter ou laisser de côté lorsqu'il ne nous convient pas.

Cette idée me semble importante dans tout accompagnement : nous ne sommes pas là pour faire entrer une personne dans une méthode à tout prix. Nous sommes là pour chercher avec elle ce qui peut lui être utile, dans le respect de son rythme et de ses besoins.


Ce que la sophrologie nous apprend sur notre rapport à nous-mêmes

La sophrologie propose un ensemble de pratiques qui associent notamment la respiration, des mouvements doux, la perception corporelle et la visualisation, selon les exercices et les besoins de la personne.

Mais au-delà des techniques, elle peut aussi devenir un espace d'observation.

Un espace dans lequel nous apprenons progressivement à reconnaître ce qui se passe en nous, sans chercher systématiquement à le modifier.

Lorsque nous prenons quelques instants pour sentir notre respiration, nous pouvons remarquer qu'elle est ample ou plus courte, régulière ou irrégulière. Nous pouvons sentir que certaines parties du corps sont détendues et que d'autres restent contractées.

L'objectif n'est pas nécessairement de corriger immédiatement ces sensations.

Il peut simplement être de les reconnaître.

Cette différence paraît minime, mais elle peut modifier notre rapport à ce que nous vivons. Nous passons d'une posture dans laquelle nous cherchons à obtenir un résultat à une posture dans laquelle nous prenons le temps de comprendre notre expérience.

Cela ne signifie pas que nous devons rester passives face à notre inconfort. Cela signifie que nous pouvons commencer par observer avant d'agir.

Par exemple, une personne qui se sent régulièrement submergée par ses émotions peut avoir le réflexe de vouloir immédiatement les faire disparaître. Elle cherche à se calmer, à relativiser, à retrouver le contrôle.

Au cours d'une pratique de sophrologie, elle peut découvrir une autre possibilité : reconnaître qu'une émotion est présente, sentir comment elle se manifeste dans son corps et prendre un peu de recul avant de décider comment réagir.

L'émotion n'a pas nécessairement disparu. Mais la personne peut commencer à se sentir moins obligée de lutter contre elle.

Elle peut se dire : « Je ressens de la colère en ce moment. Je n'ai pas besoin de prétendre que tout va bien. Je peux prendre le temps de comprendre ce qui se passe avant de répondre. »

C'est une manière de faire de la place à son expérience sans lui laisser toute la place.

Et parfois, c'est déjà beaucoup.


Ne pas réussir à se détendre n'est pas un échec

Je pense notamment aux personnes qui arrivent en séance en espérant enfin réussir à lâcher prise.

Elles ont parfois passé des semaines, des mois, voire des années à essayer de maîtriser leurs pensées, leurs émotions ou leurs réactions. Elles espèrent que la sophrologie leur permettra de se détendre profondément, de faire le vide ou de retrouver rapidement un sentiment de calme.

Il peut arriver qu'une séance ne produise pas l'effet attendu.

Le corps reste tendu. Les pensées continuent de circuler. La personne se sent distraite, agitée ou simplement incapable de ressentir ce qu'elle pensait devoir ressentir.

Dans ces moments-là, il est important de rappeler qu'il n'existe pas de sensation particulière à atteindre pour avoir réussi une séance.

Nous ne sommes pas obligées de ressortir détendues, légères ou profondément apaisées.

Une séance peut aussi nous permettre de constater que nous sommes fatiguées, que notre esprit est très sollicité ou que certaines sensations sont plus présentes que nous ne le pensions.

Cette observation peut constituer un point de départ pour adapter la pratique, mieux comprendre nos besoins ou choisir un autre exercice.

Et si nous ne ressentons rien de particulier, cela ne signifie pas forcément que la séance n'a servi à rien. Il n'est pas non plus nécessaire d'affirmer qu'un bénéfice caché s'est produit : parfois, l'expérience est simplement neutre.

Nous pouvons la laisser être ce qu'elle est.

La sophrologie n'a pas vocation à imposer une émotion positive ni à nous faire atteindre un état idéal. Elle peut nous aider à développer une meilleure connaissance de nous-mêmes, à expérimenter différentes façons de nous rendre disponibles à nos sensations et à choisir les outils qui nous correspondent.

Et lorsque quelque chose ne fonctionne pas, nous pouvons en parler, modifier l'exercice ou en essayer un autre.

Il n'y a rien à prouver.


Accepter ses limites sans se réduire à elles

Il existe une autre forme d'acceptation, peut-être plus intime : celle de nos propres limites.

Nous aimerions parfois être disponibles pour tout le monde, mener plusieurs projets de front, répondre à toutes les demandes et conserver la même énergie du matin au soir.

Nous aimerions ne pas être touchées par certaines remarques, ne pas nous sentir déstabilisées par un changement de programme ou réussir à garder notre calme dans toutes les circonstances.

Mais nous sommes humaines.

Notre énergie varie. Nos besoins évoluent. Notre capacité à faire face dépend de nombreux facteurs : le sommeil, la charge mentale, les événements que nous traversons, notre environnement, nos ressources du moment.

Une journée difficile ne résume pas notre personnalité. Une limite ne définit pas toute notre capacité. Et une période pendant laquelle nous avançons moins vite ne signifie pas que nous avons perdu ce que nous avions construit.

Imaginons une personne qui a l'habitude de tout gérer. Elle travaille, organise le quotidien, pense aux autres, anticipe les besoins de chacun. Elle est souvent celle sur qui l'on peut compter.

Un jour, elle se rend compte qu'elle n'a plus l'énergie de tout faire.

Son premier réflexe peut être de se reprocher de ne plus être aussi efficace. Elle essaie de retrouver son rythme habituel, s'impose de nouvelles habitudes et cherche à redevenir celle qu'elle était quelques mois auparavant.

Mais peut-être que la question n'est pas de retrouver à tout prix son ancien rythme.

Peut-être est-il temps de regarder ce que ce rythme lui demandait réellement.

Quelles responsabilités a-t-elle prises en charge ? Quelles demandes pourrait-elle refuser ? Quels besoins a-t-elle mis de côté ? De quoi aurait-elle besoin pour retrouver un équilibre plus respectueux d'elle-même ?

Accepter ses limites ne signifie pas renoncer à ses capacités. Cela permet de les exercer dans des conditions plus justes.

Et parfois, la première chose qui ne fonctionne plus, ce n'est pas nous.

C'est une manière de vivre devenue trop coûteuse.


Quand accepter devient bénéfique

L'acceptation n'est pas une solution universelle. Elle ne remplace ni les actions nécessaires ni les changements qui peuvent améliorer une situation.

Elle devient particulièrement utile lorsqu'elle nous aide à sortir d'une lutte intérieure qui ne produit plus rien de constructif.

Elle peut nous aider dans plusieurs circonstances.

Lorsque nous ne maîtrisons pas le résultat. Nous pouvons préparer un entretien, travailler sur un projet ou faire de notre mieux pour une personne que nous aimons. Mais nous ne pouvons pas contrôler toutes les réponses, toutes les circonstances ni toutes les décisions extérieures. Reconnaître cette part d'incertitude permet parfois de concentrer notre énergie sur ce qui dépend réellement de nous.

Lorsque nous avons besoin de faire le deuil d'une attente. Une situation ne se déroule pas toujours comme nous l'avions imaginée. Il peut être nécessaire de prendre le temps d'être déçue, triste ou en colère avant d'envisager la suite. Accepter ne signifie pas effacer ces émotions, mais leur laisser une place sans nous obliger à y rester enfermées.

Lorsque nous nous jugeons trop sévèrement. Nous pouvons reconnaître une difficulté sans en faire une preuve de notre incapacité. Nous pouvons constater qu'une méthode ne nous convient pas sans conclure que nous sommes le problème. Cette distinction nous permet de chercher des solutions avec davantage de douceur et de discernement.

Lorsque nous devons choisir où investir notre énergie. Tout ne peut pas être résolu en même temps. Certaines situations demandent une action immédiate, d'autres nécessitent du temps, et d'autres encore ne peuvent évoluer sans la participation d'une autre personne. Identifier ces différences peut nous aider à faire des choix plus adaptés.

Dans ces situations, l'acceptation ne supprime pas nécessairement la difficulté. Elle peut en revanche modifier la place qu'elle occupe dans notre quotidien et nous permettre de retrouver une marge de manœuvre.

C'est une possibilité, pas une obligation.

Il existe des moments où nous avons besoin d'agir, des moments où nous avons besoin de comprendre, des moments où nous avons besoin de nous reposer et des moments où nous avons simplement besoin d'être accompagnées.

Nous n'avons pas à appliquer un principe d'acceptation à tout ce que nous vivons.


Accepter aujourd'hui ne signifie pas accepter pour toujours

C'est un point essentiel.

Nous pouvons accepter une situation telle qu'elle est aujourd'hui, tout en souhaitant qu'elle évolue demain.

Nous pouvons reconnaître que nous n'avons pas l'énergie nécessaire pour mener un projet maintenant, sans renoncer définitivement à ce projet.

Nous pouvons constater qu'une relation ne nous apporte pas ce dont nous avons besoin, sans être obligées de prendre immédiatement une décision définitive.

Nous pouvons admettre qu'un exercice de sophrologie ne nous convient pas, tout en restant ouvertes à d'autres pratiques.

L'acceptation n'est pas une sentence. Ce n'est pas une façon de nous enfermer dans une réalité immuable.

Elle est une manière de prendre appui sur le présent pour envisager la suite avec davantage de lucidité.

Il arrive que nous ayons besoin de plusieurs tentatives avant de comprendre ce qui nous convient. Il arrive aussi que nous ayons besoin de faire une pause, de changer de direction ou de demander de l'aide.

Et il arrive, parfois, que nous découvrions que ce que nous cherchions à obtenir n'est finalement plus ce dont nous avons besoin.

Nos envies évoluent. Nos priorités changent. Nous apprenons à mieux nous connaître.

Nous avons le droit de réajuster notre chemin.


Une autre façon de prendre soin de soi

Nous parlons souvent du développement personnel comme d'un mouvement permanent vers une meilleure version de nous-mêmes.

Apprendre, progresser, dépasser nos peurs, développer nos capacités, transformer nos habitudes : tout cela peut être précieux.

Mais prendre soin de soi ne devrait pas devenir une nouvelle exigence à laquelle nous devons répondre parfaitement.

Nous n'avons pas besoin de transformer chaque difficulté en leçon, chaque émotion en exercice, chaque échec en opportunité ou chaque journée en occasion de progresser.

Il y a des jours où nous avançons. D'autres où nous hésitons. Des jours où nous comprenons quelque chose d'important sur nous-mêmes, et d'autres où nous avons simplement besoin de traverser la journée comme nous le pouvons.

Notre valeur ne dépend pas de la manière dont nous utilisons chaque expérience.

Nous pouvons apprendre de nos difficultés sans devoir leur trouver immédiatement un sens. Nous pouvons vouloir changer sans nous détester tels que nous sommes aujourd'hui. Nous pouvons chercher à aller mieux sans considérer que tout ce qui ne va pas doit être corrigé.

Et nous pouvons aussi nous autoriser à dire : « J'ai essayé. Pour le moment, cela ne fonctionne pas. Je vais prendre le temps de regarder les choses autrement. »

Cette phrase ne ferme aucune porte.

Elle nous permet simplement de cesser de nous épuiser contre une porte qui ne s'ouvre pas, le temps de regarder s'il existe un autre passage.


Pour conclure : faire la paix avec ce qui est, pour retrouver le choix

La sophrologie nous invite à revenir à notre expérience, à porter attention à nos sensations, à mieux reconnaître nos besoins et à développer notre capacité à prendre du recul.

Dans cette démarche, il n'est pas nécessaire que tout fonctionne parfaitement.

Il n'est pas nécessaire de réussir chaque exercice, de ressentir un apaisement immédiat ou de trouver une réponse à chaque question.

Il peut simplement s'agir d'apprendre à nous écouter un peu mieux, à reconnaître ce qui nous fait du bien et ce qui nous demande trop d'énergie, à distinguer nos possibilités d'action de ce qui ne dépend pas entièrement de nous.

Et peut-être, progressivement, à nous accorder le même respect que celui que nous essayons si souvent d'offrir aux autres.

La prochaine fois que quelque chose ne fonctionne pas, vous pourriez prendre un instant pour vous demander :

Est-ce que j'ai encore besoin d'essayer autrement ? Est-ce que cette situation demande une action concrète ? Est-ce que je cherche à contrôler quelque chose qui ne dépend pas entièrement de moi ? Ou est-ce que j'ai simplement besoin de reconnaître que, pour le moment, les choses sont ainsi ?

Il n'y a pas toujours une réponse immédiate. Et vous n'avez pas besoin de la trouver tout de suite.

Vous pouvez prendre le temps de réfléchir, de ressentir, de vous faire accompagner si nécessaire et de choisir la suite lorsque vous vous sentirez prête.

Parce qu'accepter ne signifie pas renoncer à soi.

Cela peut être, au contraire, une manière de revenir à soi.

De retrouver de l'espace là où tout semblait bloqué. De récupérer de l'énergie là où les efforts ne portaient plus leurs fruits. Et de comprendre que nous pouvons continuer à avancer sans devoir tout maîtriser.

Parfois, ce qui nous aide à avancer n'est pas de faire davantage. C'est de nous autoriser à faire autrement.

Avec douceur, prenons le temps de nous rappeler que nous sommes en chemin, et que nous n'avons pas besoin de réussir chaque étape pour avoir le droit de souffler.


Avec Amour,

Amandine.

Commentaires


bottom of page